Un nouveau  » factor » nommé SGBS

La Société générale de banques au Sénégal annonce qu’elle  va se positionner comme un nouveau  » factor  » et éventuellement concurrencer sa consœur, filiale de la BNP, sur le marché de l’affacturage et du crédit bail au Sénégal.

La Société générale de banques au Sénégal (SGBS) va proposer à ses clients des offres « affacturages » pour les PME et des financements immobiliers en crédit-bail pour les clients particuliers. Ainsi, la banque va déployer de nouvelles offres, qui lui permettront à la fois, de maitriser sa capacité à suivre le cycle de production de ses clients entreprises et de ne pas mettre en péril leurs fonds de roulement. C’est dire que sous  peu de temps, la SGBS  se positionnera comme un nouveau  » factor  » dans le cadre de sa politique d’innovation.

En effet, la SGBS  compte accompagner l’économie sénégalaise avec des financements à des taux d’intérêt de 5%.  Elle ambitionne par ailleurs de mettre en place « le crédit-bail »  et mettre à la disposition des sénégalais des taux préférentiels dans l’acquisition de leur propriété, qui battent toute concurrence a indiqué son administrateur-directeur à la presse, lors de  la célébration de la première année du « Lab Innovation Afrique » qui vise à stimuler et accélérer l’innovation au sein de toutes les filiales d’Afrique subsaharienne du groupe.

L’affacturage ou factoring  est une opération dans laquelle une entreprise vend ses créances, ou factures, à une société financière commerciale, également appelée  » factor « . En échange, l’entreprise reçoit des liquidités immédiates pour financer d’autres activités. Longtemps considéré comme le dernier recours de sociétés en difficultés financières, l’affacturage est aujourd’hui un outil souple au service des entreprises. C’est un procédé à la fois d’externalisation de tâches administratives, d’assurance contre les impayés et de financement à court terme. C’est également une technique de financement et de recouvrement des créances qui permet à une entreprise d’obtenir un financement anticipé et de sous-traiter cette gestion à un établissement de crédit spécialisé appelé l’affactureur. Ce mécanisme de financement consiste à transférer les créances d’une entreprise à une banque ou autre institution d’affacturage, qui les finance alors immédiatement. L’affacturage permet d’avoir des financements trois fois supérieurs à ce qu’on obtiendrait grâce à des mécanismes plus classiques tels que le découvert, par exemple, et permet d’apaiser les tensions de trésorerie des entreprises notamment les PME.

 

Un environnement africain  binaire

Dans un environnement dont l’état d’esprit est assez binaire, il est difficile de promouvoir l’affacturage, alors même que les sociétés d’affacturage hésitent à venir s’installer en Afrique et particulièrement au Sénégal , du fait parfois , d’un  manque de connaissance  ou du manque d’intérêt pour l’affacturage dans de nombreux secteurs, gouvernements , banques et régulateurs africains. Toutefois, pour  favoriser le développement de l’affacturage, Afreximbank a, d’une part, mis en place des lignes de crédit à l’attention des factors, d’autre part, elle a participé au renforcement des capacités des acteurs clés, et enfin, elle a contribué à la création d’infrastructures.

La Banque Africaine de Développement (BAD) a aussi un projet pour soutenir le développement de l’affacturage en Afrique. Dés lors, il n’est pas surprenant que l’affacturage gagne du terrain sur le continent africain. Il est prévu que l’affacturage continue sa croissance, compte tenu du niveau de croissance des activités économiques et du commerce, en particulier du fait du renforcement des circuits intérieurs d’approvisionnement, de la croissance du commerce dans le sud, du développement rapide d’une classe moyenne africaine et de la prise de conscience de l’existence de l’affacturage sur le continent africain. En 2012, l’Afrique ne représentait que 1,2 % des 2 trilliards de dollars de transactions mondiales d’affacturage, avec la plupart des activités d’affacturage enregistrées dans seulement quatre pays – l’Afrique du Sud, la Tunisie, le Maroc et l’Égypte – et dont 90% des opérations étaient intérieures. Le marché africain de l’affacturage est étroit. Environ 80 % de la demande est intérieure, ce qui explique la prédominance de l’Afrique du Sud, avec ses chaînes de distribution assez fortes. Dans ce contexte de garantie limitée du crédit, même sur des marchés où l’affacturage est florissant, on comprend que le goût du risque soit assez limité et que l’accent soit mis sur les risques des États et des sociétés de premier ordre, en particulier dans le secteur minier, les télécoms et la grande distribution.

L’expérience sénégalaise se consolide

Au Sénégal, l’accès limité aux services d’affacturage est un obstacle majeur pour les PME de participer à la chaîne de valeur progressivement élargie  à l’UEMOA, à la CEDEAO, à l’Afrique et au reste du monde. L’insuffisance de financement des PME  relève autant de la responsabilité des entreprises que de celle des banques. Si les premières présentent des lacunes importantes par rapport aux exigences du secteur bancaire, les secondes pourraient déployer plus de moyens pour pénétrer le segment des PME. La SGBS permet à ses clients PME et particuliers  de saisir les opportunités  de ses nouvelles offres sur le marché. Cependant force est de constater  qu’elle n’est pas seule sur ce segment de marché. Depuis  avril 2012, la Coface, l’assureur Axa et la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal (BICIS), filiale de BNP Paribas ont mis en place un partenariat pour offrir un service d’affacturage aux PME afin de financer leur cycle d’exploitation, faciliter la gestion administrative et comptable des créances clients et prévenir des risques contre les impayés des clients.

Par Bacary seydi

Pmeafricaines.com




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