Comment la  BAD compte libérer et Nourrir l’Afrique ?

 La Banque africaine de développement (Bad) sonne le tocsin et s’engage   pour  délivrer l’Afrique du fardeau des factures d’importations qui plombe  tout développement.

La BAD milite pour un développement agro-industriel massif sur tout  le continent et, beaucoup de gouvernements africains sont en train d’opérer les choix stratégiques  nécessaires pour transformer leurs secteurs agricoles et réduire les importations de produits alimentaires, avec à la clé, des gains de croissance et des postes d’emplois pour les jeunes. L’agriculture se traduit en un développement économique fort, durable  et capable de créer des richesses dans tous les pans de l’économie s’il existe une chaine de valeur  qui réduit les pertes post-récoltes et intègre les capacités industrielles, de fabrication et de transformation. Autrement dit, une imbrication des activités  depuis l’exploitation agricole jusqu’à la vente de détail, en passant par le stockage, le transport et la transformation avec des PME installées tout le long de la chaine de valeur agricole et agro-industrielle.

Des balances de paiement toujours  déficitaires 

La quasi-totalité des pays africains subit la tyrannie des balances de paiement déficitaires  du fait des importations surtout  alimentaires. Et, ceux qui exportent les matières premières  subissent dans le même temps  la baise des cours mondiaux. Ce phénomène pourrait s’expliquer en grande partie par la dynamique de croissance économique que connaît le continent et à laquelle se greffe surtout celle de sa population, et par conséquent celle de la classe moyenne.

La hausse de la facture des importations dans les pays subsahariens s’applique à toutes les catégories alimentaires. Cependant, ce sont les céréales  et principalement le riz qui grèvent la facture avec près de 11 milliards de dollars à débourser en 2017, selon les prévisions. En seconde position viennent les huiles végétales ainsi que les graisses animales, dont la facture passe de 4,6 milliards USD en 2016 à 5,9 milliards en 2017, soit une hausse de plus de 28%, la plus importante du lot. Le sucre est le troisième produit qui sera importé cette année par les pays de l’Afrique subsaharienne pour près de 4,5 milliards Par conséquent, les pays d’Afrique subsaharienne continuent donc à payer le prix fort pour nourrir leur population en important massivement des produits qui, pour la plupart, peuvent être produits localement. la BAD a alerté de nouveau sur l’urgence et tout l’intérêt stratégique pour les pays africains à miser sur le développement de l’agriculture et l’agro-industrie pour réduire les importations alimentaires et atteindre une croissance plus inclusive. L’Afrique dépense environ 63 milliards de dollars par an pour se nourrir. De ce montant, 35 milliards de dollars sont dépensés seulement pour l’importation de produits alimentaires. Or, l’agriculture et les agro-industries offrent un potentiel énorme d’autosuffisance alimentaire au continent à travers le développement de corridors régionaux de commerce qui permettraient d’utiliser les surplus de production d’une région pour combler les déficits d’une autre région, et amélioreraient les connexions entre les centres de production, de distribution et de consommation.

Selon la FAO, la valeur des importations des produits alimentaires en Afrique continuera à augmenter en 2017 et, devra atteindre environ 41 milliards de dollars soit une hausse de 11% par rapport au montant enregistré en 2016. Aussi, cette tendance devrait encore se maintenir en dépit du potentiel du continent d’accroître sa production, de réduire cette facture, tout en gagnant des points de croissance et en créant des emplois.

La BAD arrivera-t-elle à libérer l’Afrique de son joug en inversant les tendances ? Tout laisse à le souhaiter et à  croire car, sauf accident toujours possible dans tel pays ou autre, l’avenir de l’Afrique  s’annonce meilleur car, la croissance redémarre, l’industrialisation de l’Afrique doit être mieux structurée pour s’inscrire davantage dans le temps et créer des emplois. Ce qui est sûr et certain, la révolution verte est entrain d’être repiquée comme le riz indien sur le continent. Gageons que les pluies de milliards seront en mesure de bien arroser et d’augmenter  les rendements et d’amorcer l’essor de l’agrobusiness sur le continent. La BAD et son président n’ont que la volonté et la détermination de soutenir mais tout est entre les mains des gouvernants.

La BAD s’investit et investit pour soutenir l’agribusiness en  Afrique

La Banque africaine de développement va investir, dans l’agriculture et le secteur agroalimentaire, 400 % de plus que le niveau de financement actuel, qui s’élève à 600 millions de dollars par an. Soit 24 milliards de dollars dans les dix prochaines années dont, 700 millions de dollars destinés à financer le programme phare «Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique», qui vise à développer les technologies agricoles pour atteindre des millions d’agriculteurs africains durant la même période.   L’agriculture représente dans les économies africaines 16,2 % du PIB du continent et fournit du travail à plus de 60 % de sa population.  Mais malgré son poids, le secteur agricole reçoit moins de 3 % du total des financements octroyés par le secteur bancaire. C’est dire que ce  secteur a toujours enregistré de faibles performances. Les rendements céréaliers y sont nettement inférieurs à la moyenne mondiale. Les intrants agricoles modernes, comme les semences améliorées, la mécanisation et les systèmes d’irrigation, s’avèrent encore très limités. La Bad propose aux états africains un changement de paradigme : l’agriculture a toujours été perçue, non pas comme un secteur créateur de richesses, mais comme le moyen pour  lutter contre la pauvreté. Or l’agriculture africaine recèle des potentiels insoupçonnés, notamment en matière d’investissements, de création de PME PMI, de richesse et  d’emplois durables pour les jeunes et les femmes.  La banque panafricaine  sensibilise  les Etats  pour que  l’agriculture soit désormais considérée et traitée comme un secteur d’activités commerciales et Benchmarker  au plus vite de l’expérience Indienne  ou des pays  de l’Asie du Sud-est dont la croissance économique rapide s’est appuyée sur une industrie agroalimentaire et agro-industrielle forte.

Par Mathieu Ndiaye

PmeAfricaines.com




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