GROUPE ECOBANK  : Obligation de  résultats  du directeur général !

De nouveaux  défis attendent le patron d’Ecobank et ce dernier à fort à faire pour éclaircir l’horizon du groupe 

Le Directeur Général d’Ecobank n’a plus d’excuse  pour  le redressement  du groupe bancaire. Il a été  choisi comme l’homme providentiel capable d’inverser les mauvais résultats enregistrés depuis 3 ans déjà. En fait, le premier trimestre de l’année en cours à enregistré  un  produit net bancaire  de 532,357 milliards FCFA, en contraction de 11% comparativement à la même période en 2016 ; un résultat d’exploitation en repli de 26% ; tandis que le résultat net baisse de 19%. Le directeur général du Groupe Ecobank, monsieur Ade Ayeyemi, s’est adressé aux marchés,  aux investisseurs et actionnaires,  comme s’il leur donnait  rendez vous  à la fin de l’année en cours ; cette échéance que lui-même  dit attendre  avec impatience et optimisme. « Nos résultats semestriels audités ont démontré les avantages de notre modèle d’entreprise diversifiée. Malgré un contexte macroéconomique fragile dans la plupart de nos marchés, nous avons réalisé un rendement de 15,6% sur capitaux propres hors immobilisations et amélioré notre coefficient d’exploitation à 60,6%, grâce à nos initiatives continues de réduction des coûts au sein du Groupe » dixit Monsieur Ayeyemi.

Le contexte dans lequel évolue le groupe  est devenu particulièrement difficile. L’activité des banques  est soumise d’une part à des pressions sur les marges dans un environnement de taux d’intérêt au plancher,  et d’autre part à des contraintes réglementaires et régulatrices qui imposent des mesures de transparence, et un respect strict des ratios prudentiels. Le Groupe Ecobank a connu une baisse de régime sur l’encours des prêts accordés aux  économies des filiales concernées, sans qu’on ne puisse dire si cela résulte de la décision d’être plus sélectif ou alors d’une baisse de la demande de crédit. Cette attitude conservatrice qui avait débuté avec l’augmentation des créances douteuses, s’est poursuivie et renforcée. Cette situation a poussé le prêteur, à quasiment doubler ses provisions pour créances douteuses. La  persistance des créances douteuses s’explique en partie par une multiplication du risque de défaut de paiement des emprunteurs qui s’est accru du fait notamment  de  l’exposition  des activités de certaines  filiales au secteur pétrolier et gazier.

Sous ce rapport, le lien entre la qualité de la gouvernance et la performance  ne peut être évalué à travers  les résultats du premier semestre mais plutôt, à travers la stratégie globale du groupe.

On peut également constater que les bases d’une bonne gouvernance sont posées ; le groupe Ecobank doit conforter sa position sur chacun des marchés subsahariens où il est présent et améliorer sa rentabilité.

LA  stratégie du DG   est elle gagnante ? 

La stratégie du groupe est désormais bien lancée, et le groupe est  rentable, les ressources et le leadership dont Ecobank a besoin  ont également changé. Le directeur général d’Ecobank, aux commandes du groupe bancaire panafricain Ecobank depuis le 1er septembre 2015, a  décliné sa stratégie en :

  • créant des cluster dont le (CESA) regroupant les 18 filiales de Afrique centrale, orientale et australe représentant 20% de l’activité, l’UEMOA 20%, le Ghana 20 % et le Nigéria 40%, pour  n’avoir qu’une coordination régionale avec   4 ou 5 interlocuteurs au lieu de 36.  il a  également mis en place son état-major pour accélérer la conquête de parts de marché dans les pays où le groupe est présent et renforcer ainsi sa rentabilité.
  • Mettant en place une organisation rentable et agile pour aller de l’avant. « Nous devons nous donner les moyens d’être efficaces, plutôt que de continuer d’acquérir des actifs ». La façon de concevoir les activités a été réorganisée  par une  centralisation des produits bancaires distribués, en réduisant l’autonomie des filiales afin d’opérer comme une seule banque et non pas comme des entités distinctes. Aussi, la  clientèle est divisée en trois segments : le consommateur [la banque de détail], le commerce [la trésorerie] et les entreprises [la banque des entreprises et d’investissement].
  • Remettant les troupes en ordre de bataille. Car  la bataille  se joue avant tout sur  les marchés qu’il connait très bien, rappelons le.  Avec vingt-sept ans de carrière chez Citigroup, où il a occupé dernièrement la fonction de directeur général Afrique subsaharienne, il connaît aussi bien le continent africain que les marchés internationaux, et les meilleurs dirigeants de  ces marchés.

Les résultats d’Ecobank  sont-ils si décevants que cela ? La digitalisation de la banque et  les changements opérés au niveau du management auront-ils un impact positif en fin 2017 ?  Rien ne permet de répondre de manière affirmative à ces questions.  Mais la  théorie veut  qu’une bonne gouvernance conduise  à de  bonnes performances. Cependant, Il ne faudrait pas perdre de vue   que le banquier nigérian n’a pas droit à l’erreur et que son délais de grâce est fini. S’il s’est choisis des collaborateurs qui ont fait leurs armes à Citibank, désormais, il leur appartient  de rebâtir la confiance autour de ce qui constitue la première banque africaine en termes  de réseau pays. Le  pari est certes difficile, mais reste jouable. A titre d’exemple, la fébrilité de l’économie de son principal marché, le Nigéria, demeure un challenge. À regarder de très prés, les activités de la filiale  Nigériane ne  pèsent désormais que pour seulement 34% sur son produit d’exploitation bancaire et 30% de son résultat après impôts, contre un peu plus de 40%  il ya quelques années.

Toutefois, le directeur général  semble être sûr de sa stratégie. Il dispose d’éléments d’appréciation  tels que  les dépôts de la clientèle (13 milliards de dollars) qui enregistrent une hausse de 1%. Mieux, L’Afrique de l’ouest  assure au groupe un taux de rentabilité financière de 52,1%. Les états financiers font état d’une  hausse de 5%  de son chiffre d’affaire qui s’établit à 912 millions de dollars durant ce premier semestre 2017, grâce notamment à l’amélioration du marché des changes. Enfin, un axe nouveau s’ajoute à la stratégie à savoir, l’introduction progessive en bourse des filiales performantes comme Ecobank Côte d’ivoire,  d’ici fin 2017.

Rappelons qu’une bataille de leadership a secoué le groupe  pendant 5 années au moins et la situation qui prévalait au sein du groupe Ecobank exigeait d’identifier précisément les problèmes pour trouver des solutions adaptées à chaque cas, puis de mettre en place une stratégie permettant à l’entreprise de regagner la confiance du marché. En marge de ces contraintes, on assiste également à un profond changement dans les habitudes des clients ; leurs comportements se digitalisent. L’environnement d’achat a évolué. Les clients attendent de leur banque un service de qualité et rapide.

Par Latyr Dieng

PmeAfricaines.Com




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