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La BAD et la BCEAO accompagnent les SFD de l’UEMOA

Le système régional de paiement de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) devra interconnecter les Systèmes financiers décentralisés (SFD) de l’UEMOA  au plus tard fin  août 2019.   

Bacary SEYDI

PmeAfricaines.Com

UNDP

Crédit photo : UNCDF

A travers un  système régional de paiement qu’elles ont mis en place, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) espèrent améliorer le taux d’accès aux services financiers fournis par les SFD dans  un espace communautaire qui enregistre  un taux de bancarisation relativement bas et un taux de croissance  qui figure parmi  les plus élevés en Afrique subsaharienne. Ainsi, elles ont créé, depuis février 2017, un cadre réglementaire et juridique  favorisant la démultiplication  des innovations financières, tout en accordant une place importante au secteur privé dans la création de richesses et d’emplois durables ainsi que dans l’amélioration des revenus, notamment ceux des exploitations agricoles familiales et des micros et petites et moyennes entreprises. Le Projet d’appui à la promotion de l’accès des institutions de micro-finance au système de paiement régional de l’UEMOA est actuellement à sa phase pilote mais  à terme, il devra parachever l’intégration économique de la zone, au delà de l’inclusion financière des populations. Ainsi, il  vise à renforcer les capacités des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD)  à mettre en place des solutions et mécanismes permettant l’accès desdits SFD au système de paiement régional de l’UEMOA.  D’ une durée de trois ans, chiffré à hauteur de 3,9 milliards de franc CFA, il  est couvert par un  don du Fonds Africain de Développement (FAD) au compte de cet espace communautaire qui  connaît un essor fulgurant  par rapport aux autres zones monétaires du continent.

Amélioration du niveau d’accès aux services financiers

Le mécanisme  permettra de connecter  10% des SFD de la région au système régional de paiement de l’UEMOA à fin août 2019  contre 0% en 2015. De nombreuses plates-formes s’y  développent telles que les plateformes  de M-banking dont la rapidité et le caractère relativement peu onéreux des transactions mobiles offrent de grandes possibilités pour l’extension de l’accès aux personnes exclues de la bancarisation classique. La digitalisation financière s’y étend et les innovations que l’on rencontre sont parfois spectaculaires. Des villages entiers sont couverts par le réseau télécoms alors que les agences bancaires ne sont souvent présentes que dans les grandes villes. Le crédit aux petits agriculteurs est également concerné car le mobile offre la possibilité d’étendre l’accès aux services financiers vers les zones rurales reculées. Les transactions sont aussi plus rapides ; normalement, le versement d’un petit crédit peut prendre plusieurs semaines, contre seulement une à deux heures avec un compte mobile.

Echos favorable au  Sénégal

Le Sénégal s’est approprié le projet du système régional de paiement redessinant la politique sectorielle en matière de  micro-finance par une  nouvelle Lettre de politique sectorielle (2016-2020). Cette nouvelle stratégie de développement du secteur de la micro-finance a pris l’option préférentielle pour les femmes, les jeunes et les micros, petites et moyennes entreprises rurales, et accorde une importance particulière au financement des secteurs prioritaires de l’économie sénégalaise retenus dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE). En effet, les micros, petites et moyennes entreprises éprouvent d’énormes difficultés à accéder à des crédits adaptés, notamment pour financer les besoins de fond de roulement, d’exploitation et d’investissement. Le financement des activités économiques en milieu rural reste un grand défi. Là est la mise en œuvre et tout le sens donné à la volonté de la BCEAO d’accompagner toute action entrepreneuriale de base pour un développement endogène dans les 8 pays de l’UEMOA.

De nombreux défis à relever

L’engagement de la Bad à soutenir tous les efforts déployés par la BCEAO dans le cadre de son appui à la finance décentralisée et de la stratégie d’inclusion financière au sein de l’UEMOA a été rendu possible par  l’analyse des méga-données  de l’espace économique et sur la base d’analyses approfondies du niveau d’accès des populations aux services financiers fournis par les SFD. Et ce, pour diversifier l’offre de services financiers accessibles aux segments les plus défavorisés de la population (population rurale, femmes, jeunes, micro et petites et moyennes entreprises (MPME), et également pour une amélioration de leurs conditions de vie. Ainsi, le système de paiement régional devra faire  passer le niveau d’accès aux services financiers de 16,6% en 2015 à environ 25% à fin août 2019. Aussi, 10% du total des cartes prépayées et de porte-monnaie électroniques et services de mobile-payement, de mobile-Banking ou de rural-Banking seront émis ou distribués par des SFD en 2018 contre moins de 1% en 2015 ; et 10% des flux de paiement sécurisés inter et intra-pays membres de l’UEMOA vont émaner des SFD à partir du mois d’août 2019.

Ce système de paiement régional vient indiscutablement s’ajouter à une commune aspiration vers l’unité de l’ensemble ouest africain dont les masses aussi bien que les élites et dirigeants désirent ardemment conjuguer leurs efforts et joindre leurs potentiels économiques dans l’intérêt commun. Or, La vérité est que pour réaliser l’union, il faut d’abord parachever l’intégration économique et appliquer les textes communautaires : de nombreux domaines où actes partiellement appliqués sont nécessaires mais pas trop  suffisants  pour parachever l’intégration régionale. Alors, le système constitue, aux yeux de ses promoteurs, une plate-forme ouverte et flexible pour la diversification des moyens de paiements les plus innovants, avec des objectifs clairs et pragmatiques.

Tout laisse à croire que  le système de paiement régional vient  comme pour donner un nouveau pas en avant vers l’objectif d’atteindre la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes dans l’union, en tant que bloc économique régional d’une population globale de plus de 80 millions  d’habitants et un PIB réel de 18 458,8 milliards de F CFA. Cependant, l’essentiel reste à faire sur le terrain au moins et, le chantier est à peine ouvert : le système de paiement régional sera-t-elle à la hauteur des enjeux ?

 




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