President Crowdfunding Africa

« Le Crowdfunding en equity est parfaitement complémentaire aux banques et aux fonds d’investissement »

Crowdfunding : Interview avec Monsieur Georges Ayoub Cofondateur  de  la 1ère Plateforme africaine de Crowdfunding Afineety Crowdfunding Africa

La persistance des difficultés des entrepreneurs à financer leurs projets suite au durcissement des conditions de banques depuis la crise financière de 2008  a fait émerger dans le monde  des mécanismes  novateurs de financement des initiatives entrepreneuriales comme le crouwdfunding. Un des acteurs pionniers en Afrique de ce  mode de financement raconte comment a été lancée la première plateforme de  Crowdfunding,  et décline les solutions pratiques qu’il apporte aux difficultés d’accès des PME aux  financements.

Propos recueillis par Bacary SEYDI

President Crowdfunding Africa

« Le Crowdfunding en equity est parfaitement complémentaire aux banques et aux fonds d’investissement »

PmeAfricaines.Com : Monsieur Ayoub, pourriez-vous nous dire qui est Georges Ayoub et nous faire l’économie de la présentation de votre initiative de Crowdfunfding  en Afrique?

George AYOUB : Basé en France, j’opère dans le secteur bancaire et financier depuis plus de 15 ans. J’ai participé à de nombreux chantiers de transformation informatique dans les banques africaines. Actuellement, j’accompagne des startups africaines et européennes dans leur développement sur le continent. L’initiative d’Afineety et du Crowdfunding a été déclenchée par une rencontre avec des amis passionnés par l’Afrique, Eric MARTY et Laurence TABAU-DAUGE qui dirigent un cabinet de consulting parisien, spécialisé dans les moyens de paiement. Laurence et Eric avaient déjà accompagné une plate-forme de Crowdfunding européenne et étaient assez familiers des Fintechs. Il y a pres que trois ans, nous avons décidé de lancer la première plateforme de financement participatif en Equity sur l’Afrique, autour d’un noyau de 8-10 collaborateurs/associés, que nous avons nommé Afineety. Nous avons déjà des opérations au Maroc, Sénégal et en Côte d’Ivoire.

En tant qu’instrument de financement, quelle valeur ajoutée supplémentaire apportez-vous aux entreprises en matière de financement de leur croissance ?

Il est important de noter que le Crowdfunding en equity est parfaitement complémentaire aux banques et aux fonds d’investissement. Pour bien comprendre, l’arrivée de ce nouveau type de financement accompagne l’adoption de nouvelles réglementations bancaires visant à renforcer le système financier international. Cette mutation a succédé à la crise des subprimes (2008) qui s’est accompagnée d’un durcissement de l’accès aux financements, notamment pour les entrepreneurs et les TPEs/PMEs (taux d’intérêts plus élevés…). Cette situation combinée à l’essor des nouvelles technologies de l’information (internet, réseaux sociaux…) permet l’émergence d’un nouveau mode de financement collaboratif : le crowdfunding ou financement participatif.  Son objectif est de rendre la finance plus simple et plus accessible, en proposant des services de meilleure qualité et moins coûteux.

Des nombreuses startups ultra spécialisées de la Fintech, le Crowdfunding cible des maillons bien précis de la chaine de valeur bancaire pour bâtir des offres complémentaires.  Ainsi, le financement participatif désigne les outils et méthodes de transactions financières faisant appel à un grand nombre d’individus avec pas ou peu d’intermédiation par des acteurs financiers.

Il permet de financer des projets ou activités typiquement délaissés par les circuits financiers traditionnels et offre un mode de financement complémentaire au seed capital conventionnel (fonds d’amorçage, business angels, capital-risque).

L’un des points forts de ce type de financement est de permettre des transactions mettant en relation des personnes physiques, instituant ainsi une relation financière basée sur d’autres critères que la recherche unique de profit. Le financement participatif est aussi un bon moyen de favoriser l’entraide, ou bien pour une entreprise, de communiquer tout en levant des fonds, en s’appuyant sur la puissance du Web.

Certaines plateformes vont d’ailleurs plus loin que la simple levée de fonds, et constituent un moyen de tester son idée auprès d’une large communauté d’acteurs. Ainsi le porteur de projet recueille des éléments sur la faisabilité de son projet et peut pré-vendre ses produits ou services auprès d’une communauté qui saura le soutenir.

  Comment est-ce que le risque de défaut souvent associé aux prêts PME est géré avec ce mode de financement?

La gestion du risque est la même quel que soit le canal ou l’apporteur des fonds. Dans l’hypothèse ou le projet attire plusieurs sources de financement, le risque sera dilué. J’insiste sur le fait que le Crowdfunfding intéresse aussi bien des investisseurs privés que des particuliers qui auront une relation très personnelle avec l’entrepreneur. Ils pourront ainsi apporter une expertise sur mesure afin de garantir sa réussite.

Le Crowdfunding une aubaine pour les stars up africaines ?

Assurément, les startups africaines trouveront dans le crowdfunding un capital d’amorçage, et une source complémentaire d’aide financière.

Quels sont les modèles prometteurs de crowdfunding sur le continent ?

Les trois modèles que sont le don, le prêt et le capital vont répondre aux besoins de financement des différents types de projets portés par les entrepreneurs africains. L’objectif à terme est que les Africains investissent dans des projets africains.

Quelles sont vos ambitions en Afrique et comment appréciez-vous le potentiel de développement du Crowdfunding sur le Continent ?

Afineety est la première plateforme de financement participatif en Afrique, et notre ambition est d’être visible sur tout le continent. Cela demande un effort considérable. Par conséquent, nous aurons besoin de l’aide de tout le monde, y compris le pouvoir public qui est conscient de l’importance de dynamiser le tissu  des PME/TPE et les entrepreneurs. Un enjeu important pour une stabilité économique et politique.

La convergence des technologies appliquées aux finances est en train de révolutionner ce secteur dans le monde. A quelle place se situerait le continent africain sur la carte de la finance digitale à votre  avis ?

En effet, le digital et la puissance du Web sont devenus un réel facteur d’accélération. Les acteurs de l’économie classique seront dans l’obligation de réinventer leur business model. Certains continents comme l’Amérique,            l’Europe et l’Asie ont déjà une longueur d’avance, le continent Africain a l’opportunité de rattraper les autres en adoptant les infrastructures les plus récentes, sans passer par les phases intermédiaires. Mais l’Afrique pourra tirer très vite profit des Fintechs et de la nouvelle révolution ; l’internet mobile, un facteur incontournable à l’inclusion financière. Les choses pourront aller très vite à l’échelle de la nouvelle génération pour vouloir inventer de nouveaux services, accéder à de financements.

 




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