Les Garanties vertes d’AGF pour libérer le potentiel d’investissement vert des PME Africaines !

Les Garanties vertes d’AGF pour libérer le potentiel d’investissement vert des PME Africaines !

Les initiatives les plus novatrices du secteur privé africain pour faire face aux conséquences environnementales, et socio-économiques des changements climatiques ou pour les atténuer sont le fait des PME en Afrique. Toutefois, les projets d’investissement des PME africaines dans les technologies vertes et dans les créneaux porteurs de l’économie verte se heurtent à des obstacles techniques et financiers que rencontrent les institutions financières locales censées les financer.

Par Bacary SEYDI

L’importance numérique des PME dans le tissu économique des pays africains (98.02% des entreprises au Sénégal, Rapport ANSD 2017) et le rôle de moteur de la croissance et de l’inclusion sociale attendue d’elles, font de ces entreprises des acteurs incontournables pour mener à bien la transition écologique en Afrique. Cependant, malgré les nombreuses opportunités que recèlent cette transition écologique pour les PME dans des secteurs aussi variés que les énergies renouvelables, la production propre, la gestion des déchets et des eaux usagées, le recyclage, l’agriculture écologique, la pêche durable,  l’écotourisme entre autres, la mobilisation des fonds pour soutenir l’investissement de ces PME reste encore problématique.

C’est en réponse à ces challenges que l’African Garantee Fund (AGF) et le Fonds Nordique de Développement ( Nordic Developpement Fund NDF) ont décidé de  créer des garanties vertes dont l’objectif est d’encourager les institutions financières africaines à investir dans la transition écologique en finançant les PME qui portent des innovations sobres en carbone.

Obstacles techniques et financiers à lever

La première contrainte auxquelles font face les institutions financières locales pour financer l’investissement vert des PME, c’est comment procéder à l’évaluation des risques rattachés aux prêts PME. Cette difficulté n’est pas nouvelle chez les banques commerciales lorsque le vis-à-vis est une PME. C’est une contrainte beaucoup plus structurelle que conjoncturelle. Mais pour ce qui concerne les demandes de crédit d’investissement vert des PME, elle est accentuée par la méconnaissance de ce secteur et en particulier, par le manque de données sur les performances antérieures du secteur qui est nouveau pour les banques tout comme  ses acteurs. Les outils d’évaluation classiques des risques plus  adaptés aux grandes entreprises ont tendance  à surévaluer les risques de défaut de paiement des PME et à renchérir les coûts du crédit.

La deuxième contrainte est l’inadéquation entre les financements offerts par les prêteurs et les financements souhaités par les emprunteurs ; aussi bien en termes de montant de financement qu’en terme de durée qui dépasse rarement le moyen terme (3 à 5 ans.).

A ces deux contraintes majeures des banques locales, viennent s’ajouter la rareté et la cherté des mécanismes de couverture des risques liés aux fluctuations des taux de change.

Les garanties vertes ; une solution pour lever les obstacles

L’African Garanty Fund est convaincue que les institutions financières locales en tant que premiers financeurs des entreprises peuvent et doivent jouer un rôle clé dans le financement de la  transition verte, et que la levée des obstacles techniques et financiers permettra  à ces établissements de financer des investissements verts du secteur privé. De tels investissements peuvent permettre aux PME de contribuer aux efforts d’atténuation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et d’adaptation aux changements climatiques. Ils favorisent en outre la création d’emplois durables, la réduction de la pauvreté et l’égalité de sexes.

En effet, la transition écologique offre aux banques des opportunités d’accès à ce nouveau marché lié à la croissance verte. Elle fait naître de nombreuses opportunités économiquement viables qui ont besoin d’être financées.

Pour ce faire, l’intervention d’AGF se veut originale et adaptée aux besoins des bénéficiaires en combinant services financiers (produits de garanties vertes) et services non financiers d’accompagnement des institutions financières partenaires et des PME. La garantie verte est couplée à  un programme d’assistance technique en faveur des institutions financières et des PME qui contribuent au développement durable de l’Afrique.

La garantie verte a pour objectif d’encourager les institutions financières à soutenir la transition écologique en réduisant les obstacles financiers et techniques inhérents au financement des investissements verts. La couverture des garanties vertes peut déroger à la règle traditionnelle d’intervention d’AGF basée sur un partage équilibré du risque (couverture maximale de 50% du financement) et atteindre 75% du financement en fonction de l’impact social et environnemental attendu du projet à financer. Les produits de garantie offerts sont pour le moment de trois catégories :

les garanties de prêts : pour améliorer la disponibilité de financement bancaire dans les situations où un collatéral adéquat est un problème, améliorer les ratios de solvabilité des banques partenaires avec un effet de levier sur leur capital, et mettre en place les liquidités immédiates en cas  de défaut de paiement des PME dont les prêts ont été garantis par AGF;

les garanties de capitaux investis : pour améliorer les fonds propres des PME africaines ;

Les garanties de levées de ressources : pour permettre aux institutions financières partenaires de mobiliser des ressources sur le long terme afin de financer les besoins d’investissements à long terme des PME.

Les garanties vertes ont ainsi permis aux institutions financières partenaires d’AGF d’émettre un volume de prêts de 22 millions USD et de décaisser effectivement 16 millions USD au profit de 78 PME reparties sur 7 pays africains. Le volume des demandes de garanties vertes en cours d’évaluation se chiffrent à  57 millions USD.

En complément des garanties vertes, AGF offre à travers une plateforme dédiée, un ensemble d’outils complémentaires et disponibles en continu afin de former les institutions financières partenaires à de nouvelles technologies et méthodes leur permettant d’offrir de meilleurs produits et conseils à  leurs clients. A ce jour, AGF a organisé quatre conférences et des formations sur la finance verte en Zambie (mars 2017), au Kenya (juin 2017), à Accra (Novembre 2017), et à Abidjan (juin 2018). C’est ainsi que 977 personnes ont été formées à  la finance verte.

Les premières interventions ont permis d’impacter au moins six (6) Objectifs de Développement Durable  (ODD). Elles ont permis de connecter 80 000 ménages à l’énergie solaire (ODD 7 portant sur l’accès universel à des services énergétiques fiables, durables, modernes à un coût abordable), de créer 17 000 emplois directs avec 32 000 emplois indirects attendus  (ODD 1 relatif à l’élimination de la pauvreté sur toutes ses formes et partout dans le monde), et d’éviter l’émission d’environ 7,7 millions de tonnes de CO2 chaque année grâce aux projets verts soutenus (ODD 13 sur la lutte contre les changements climatiques et leurs répercussions).  Elles ont aussi permis d’avoir d’autres impacts  sociaux  notamment: la réduction des inondations fluviales (ODD 15 relatif à la préservation des écosystèmes terrestres), la croissance rapide des entreprises dans les petits villages, la réduction d’émission de carbone et le recyclage (ODD 12 sur les modes de production et de consommation responsables). Les interventions ont enfin permis d’atteindre de meilleurs résultats d’apprentissage pour les étudiants (ODD 4  relatif  à l’accès  de tous à une éducation de qualité et à un apprentissage tout au long de la vie).

Perspectives heureuses pour les PME africaines

Au vu des résultats ainsi obtenus en si peu de temps et de l’impact des  interventions sur le Développement durable, on voit mal AGF et ses partenaires s’arrêter en si bon chemin d’autant plus que les nouvelles concernant la transition écologique et énergétique s’annoncent globalement encourageantes au plan mondial. En effet,  les coûts du solaire et de l’éolien se réduisent toujours plus (Lazard). La hausse des capacités de production d’énergies renouvelables augmente désormais plus rapidement que celle des énergies fossiles (BNEF). La transition vers une énergie bas carbone est techniquement et économiquement possible, mais aussi socialement souhaitable (Rapport 2018 de la Commission Mondiale sur l’Économie et le Climat). C’est dire qu’une dynamique en faveur de l’énergie propre est en cours partout dans le monde. L’Afrique a donc le potentiel de réaliser l’accès universel à l’électricité tout en réduisant son empreinte carbone. Le continent possède un énorme potentiel solaire, hydroélectrique et géothermique mais au même moment, plus de 700 millions d’africains n’ont pas encore accès à l’électricité. Cela se traduit par des opportunités pour les PME africaines de transformer les defis liés aux changements climatiques et environnementaux en opportunités commerciales à condition bien sûr, d’avoir accès aux financements que cela implique. Elles peuvent désormais compter sur AGF et ses partenaires résolument engagés à les accompagner à devenir les artisans majeurs de la croissance verte en Afrique.




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