Les PME Africaines sont-elles le fer de lance de la transition écologique en Afrique ?

Les PME africaines sont-elles devenues le bras armé des états pour contrer les effets du changement climatique et  verdir la trajectoire de la croissance des économies africaines?

Par Bacary SEYDI

Credit Photo: afriquemidi.com

La  vision et les initiatives  d’African Guarantee Fund (AGF) semblent répondre par l’affirmative et  laissent croire que  l’Afrique peut être un chef de file  dans  l’objectif mondial de l’action pour le climat en faveur du développement durable. L’institution  encourage et facilite le financement des PME qui investissent dans des entreprises vertes et dans les technologies propres.  Depuis quelques années, AGF s’est assignée pour mission de  promouvoir la Finance verte pour une croissance  durable en Afrique.  Elle s’investit en effet  dans la promotion  de la finance verte en Afrique à travers plusieurs initiatives dont l’organisation d’une conférence annuelle  sur la finance verte qui se tient chaque année dans un pays africain. Elle se sert aussi de plusieurs mécanismes financiers et non financiers pour appuyer les institutions financières locales à augmenter la part de  PME vertes dans leurs portefeuilles.

L’African Guarantee Fund (AGF) croit  de manière très ferme que  les défis liés aux changements climatiques doivent être perçus comme une opportunité  commerciale pour les PME Africaines de développer des activités de création de richesse et d’emplois durables dans l’économie verte et de jouer ainsi  leur partition dans la transition écologique. En conséquence, le dynamisme entrepreneurial des Pme locales dans l’économie verte doit être soutenu et encouragé  par un accès facilité au financement de leurs projets verts, la principale contrainte à leur développement.

AGF, le partenaire privilégié  des institutions financières locales et des PME vertes

AGF apporte une aide en renforcements de capacités techniques et financières, à la fois des institutions financières partenaires et des PME. Sa stratégie d’intervention comprend l’accompagnement des PME par des cabinets d’appui conseil partenaires d’AGF.

L’institution dispose aussi de plusieurs instruments de garanties vertes pour les prêts PME et travaille au renforcement de capacités techniques et financières des institutions de financement locales des PME pour permettre à ces dernières de mieux financer les PME  africaines vertes.   Elle apporte aux institutions financières des garanties de prêt, des  levées de fonds et des investissements en fonds propres, en vue de l’octroi de prêts aux PME. Et ce, avec pour objectif d’aider le secteur privé, principalement les PME, à jouer le rôle de moteur de la croissance.

Pour les banques et institutions financières locales,  les investissements durables revêtent différentes formes (exclusion, sélection, activisme, impact positif) et peuvent offrir des rendements identiques, voire supérieurs aux placements traditionnels.

Aujourd’hui, Il ne fait aucun doute que la finance durable redirigera les capitaux et, par conséquent, créera des gagnants et des perdants. Les ressources seront redistribuées. L’utilisation des mécanismes de financement innovants mis en place par la Finance Climat sera essentielle pour accompagner la transformation des économies africaines, en s’appuyant sur les institutions financières locales, les capitaux privés, les fonds d’infrastructures, les fonds climat, le fonds vert pour l’environnement mondial, le potentiel d’épargne de la diaspora africaine, afin de canaliser les financements et les expertises, notamment  vers les différentes filières de l’économie verte.

Quoi qu’il en soit, les PME africaines  peuvent désormais compter sur AGF et ses partenaires résolument engagés à les accompagner à devenir les artisans majeurs de la croissance verte en Afrique.  Il revient désormais aux banques et institutions financières locales et aux  Etats africains de mutualiser leurs capacités  et efforts de négociation ou  de plaidoyer pour drainer sur le continent les ressources concessionnelles long terme et compétitives.  En effet, les PME ne doivent pas être oubliées dans le financement de la lutte contre le changement climatique. Et, les temps n’ont jamais été aussi favorables aux  PME africaines pour prendre leur destin en main, d’opérer ce saut qualitatif et d’investir dans un avenir meilleur dans la perspective d’un nouveau modèle de haute croissance sobre en carbone. Pour peu qu’elles accèdent aux ressources financières et technologiques nécessaires à leur passage à l’échelle, les PME africaines vertes peuvent jouer un rôle de premier plan dans les stratégies d’adaptation et d’atténuation face aux effets des changements climatiques. La transition écologique regorge des opportunités jusqu’ici insoupçonnées pour les PME africaines dans pratiquement tous les secteurs d’activités (agriculture, transformation  agroalimentaire, eau et assainissement, gestion des déchets, transport, logement, industries etc).  Elle  est à l’origine de nouveaux modèles économiques et des investissements durables et permettent  aux  entreprises  et aux PME  de se prémunir de certains risques ; de réaliser des  réductions de coûts à travers  des mesures d’économie d’énergie  ou  de consommation propre, de  diminution de la matière première utilisée,  dans la manufacture de produits  de consommation courante ou lors de la conception des objets  ou biens durables. Par exemple,  environ 60% de l’énergie totale consommée dans la chaine de valeur agroalimentaire en Afrique – souvent générée à partir de combustibles fossiles polluants – sont consommées dans  la phase de cuisson selon l’Agence Internationale de l’énergie (AIE -2017).

Par delà les enjeux socio-économiques de productivité, de création d’emplois et de revenus pour les femmes notamment, on voit bien que la transition vers les services énergétiques modernes dans ce secteur agroalimentaire occupé largement par des TPE, Micro entreprises et petites entreprises appartenant aux femmes, présente également des enjeux écologiques de préservation de l’environnement, des enjeux sanitaires (exposition à la fumée et au gaz carbonique),  et d’atteinte de plusieurs autres Objectifs de Développement Durable (ODD).




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