[Covid-19 et PME : Programme Spécial]

Le Maroc : un cas d’école dans le soutien aux travailleurs de l’économie  informelle? 

En Afrique, le poids écrasant de l’économie informelle dans la structuration du tissu économique des pays est la caractéristique la  mieux partagée. L’exemple marocain en matière de soutien aux MPME, TPE et travailleurs du secteur informel doit inspirer les autres états africains notamment dans la mise en place de canaux d’acheminement  du soutien.

Au Maroc, l’économie informelle est le premier vivier de création d’emplois  avec   79,9 %  des emplois. Selon  l’Organisation internationale du travail (OIT) le taux d’activité dans le formel est mécaniquement largement plus bas. Le  ministre de l’Économie Mohamed Benchaâboun prévoit un appui aux quatre millions de ménages du secteur informel directement impactés par les mesures de confinement via  un fonds d’urgence, le Fonds spécial COVID-19.

Placé sous état d’urgence sanitaire, le pays qui a verrouillé ses frontières et instauré le confinement général depuis le 20 mars dernier, se mobilise massivement pour soutenir les populations les plus touchées par le ralentissement de l’activité économique notamment à travers le Fonds spécial COVID-19, Initié par le roi Mohammed VI, qui a levé à date plus de 32 milliards de dirhams (environ 3 milliards d’euros)  alimenté à la fois par l’État et par les dons d’entreprises ou de privés.

Pour administrer les mesures de soutien aux entreprises toutes catégories confondues, le royaume a mis en place un comité de veille économique (CVE), en charge d’évaluer et d’anticiper les répercussions économiques directes et indirectes du Covid-19 ». Face à l’urgence de la situation, le comité a adopté une série de mesures de soutien et d’accompagnement dédiées aux travailleurs et entreprises du secteur privé, mis en difficulté par le ralentissement ou l’arrêt d’activité lié à la pandémie.

Pour  amortir les effets du COVID-19 sur les TPME et salariés affiliés à la CNSS (la sécurité sociale marocaine)  le CVE a adopté une série de mesures financières anticipatives.

 Dans un premier temps, le comité a ciblé les TPME et salariés affiliés à la CNSS  en annonçant la suspension du paiement des charges sociales et la mise en place d’indemnités spécifiques.

Les salariés affiliés à la CNSS qui se sont retrouvés en arrêt de travail pourront ainsi percevoir une indemnité de 2.000 DH net par mois, financée par le fonds spécial pour la gestion des effets du Coronavirus et ce, pendant la période allant du 15 mars au 30 juin 2020. Ils continueront également à bénéficier des allocations familiales et de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO).

Il leur sera également possible, de reporter les échéances des crédits bancaires relatifs aux mois de mars, avril, mai et juin, sans paiement de frais ni de pénalités. Celles-ci seront reportées à la fin du crédit après la dernière échéance prévue.

Les entreprises dont l’activité est maintenue mais qui souffrent des difficultés de trésorerie peuvent quant à elles obtenir de la part des banques, une ligne de crédit supplémentaire garantie par l’Etat.

Un plan en deux temps pour les travailleurs du secteur informel

Directement impactés par les effets négatifs du confinement sur l’économie, le comité a étudié lors de sa réunion du 23 mars, le cas des salariés du secteur informel, non déclarés à la CNSS qui représentent une part importante de la population et occupent une place considérable dans le panorama économique marocain.

Vu la complexité de la problématique de trouver un bon canal de transmission des aides du fait notamment de  la difficulté que revêt leur identification précise, le gouvernement marocain a décidé de déployer les efforts en deux étapes. La première phase concerne les ménages opérant dans l’informel et disposant d’une carte « RAMED », un régime d’Assistance Médicale mis en place par le Maroc au profit des populations démunies. Ces derniers peuvent bénéficier d’une aide de subsistance. Pour éviter les rassemblements, le chef de ménage devra simplement envoyer son numéro de carte RAMED par SMS. La deuxième phase de la distribution des allocations concernera les familles non-affiliées au RAMED opérant dans l’informel ayant perdu leurs revenus à cause du confinement. Les mêmes montants leur seront alloués au cours des prochains jours. Une plateforme électronique dédiée au dépôt des déclarations sera prochainement mise en place à cette fin.

Par la Rédaction




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