Sommet « Finance en commun » : Le président Macky Sall plaide pour une augmentation des concours financiers aux PME

Le tout premier  sommet réunissant les 450 banques publiques de développement de la planète a fait un geste modeste face aux « milliers de milliards » de besoins en Afrique. Il pose cependant les jalons d’une démarche collective nouvelle et prometteuse pour les PME du  continent.

La première édition du Sommet « Finance en commun » organisée à Paris le 12 novembre 2020 a réuni en téléconférence le gratin politique, économique et financier de la planète – dont le président chinois Xi Jinping, le Français Emmanuel Macron ou encore le Sénégalais Macky Sall, autour des 453 banques publiques de développement regroupées ensemble de la sorte pour la première fois de leur histoire. Dix mille participants, 200 panélistes y ont pris part et vingt-cinq discussions en ligne ont été organisées.

Organisé à l’initiative de l’International Development Finance Club (IDFC) que préside Rémy Rioux, le directeur général de l’Agence française de développement, et par la World Federation of Development Finance Institutions (WFDFI), le sommet avait pour but de mobiliser d’abord le monde de la finance publique. Les banques de Développement se doivent de savoir qui elles sont et qu’est-ce qui les  unit. Le deuxième but visé par le Sommet – et le plus important, selon Audrey Rojkoff secrétaire générale du Sommet– était la réussite des Objectifs de développement durable en 2030 de l’ONU et le respect des Accords de Paris sur le climat de 2015. La copieuse Déclaration commune publiée à la fin des travaux en porte la marque.

Ces institutions ont de nombreux points communs : elles jouissent d’une autonomie juridique et financière ; elles sont contrôlées par des pouvoirs publics – multinationaux, nationaux, régionaux ou locaux – et ont pour vocation de corriger les déséquilibres conjoncturels ou structurels qui pénalisent un territoire et ses populations ; elles ne font pas de prêts à la consommation et ne gèrent pas de comptes de particuliers.

Au cours du Sommet, il a été beaucoup question de l’urgence africaine et des besoins financiers énormes des PME africaines. Akinwumi Adesina, le président de la BAD, a ainsi rappelé les « milliers de milliards de dollars » dont le continent a besoin pour vaincre la pauvreté et  financer les « 60 % de PME africaines qui ont des problèmes d’accès aux financements ».

MacKy Sall, avocat des PME africaines

Le président de la République du Sénégal Macky Sall a pour sa part rappelé aux banques de développement qu’elles « devaient améliorer leurs mécanismes d’intervention par la simplification de leurs procédures et formalités avec une évaluation plus juste de la perception du risque d’investissement en Afrique, pour réduire les primes d’assurance indûment élevées, assurer une meilleure coordination de leurs interventions de façon à faciliter l’allocation optimum des fonds et augmenter les financements concessionnels en faveur des États et des PME-PMI qui constituent les acteurs-clés de l’économie des pays en développement ».

Une déclaration  finale a été signée par toutes les banques. « Son texte en a donc été difficile à négocier car il a fallu trouver le juste milieu entre ambition et raison », commente la secrétaire générale du sommet, qui précise qu’il ne s’agit « pas d’annonces financières, mais d’annonces sur des méthodes et des objectifs ».

Il ne reste plus aux PME africaines que de souhaiter que les bonnes intentions exprimées en leur faveur se traduisent  en actes concrets et que les 4 milliards de dollars US qui leur sont promis d’ici à fin 2021 par quinze banques de développement européennes – en collaboration avec Findev Canada, l’américaine DFC (Development Finance Corporation), la Banque africaine de développement (BAD), l’ICD (Islamic Corporation for the Development of the Private Sector) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) – soient rapidement mobilisés et leur accès facilité aux PME qui peinent à financer leurs plans de relance Post-Covid 19.

La Rédaction




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