[Dossier Spécial] Emploi des Jeunes au Sénégal: La territorialisation de l’emploi au cœur de 2eme édition du Salon de la citoyenneté et de l’entrepreneuriat

Le Groupement National Universitaire (GNU) composé des étudiants des universités et instituts de formation privés du Sénégal  a organisé le Samedi 03 Avril 2021 à  l’Hôtel Pullman de Dakar  son deuxième Salon sur la citoyenneté et l’entrepreneuriat  autour du thème  ‘’ La citoyenneté et l’entrepreneuriat au cœur du développement. Quelles solutions pour une territorialisation de l’emploi ‘’?  Ce salon qui a été présidé par M. Djiby Diallo le sous préfet de Dakar, a été rehaussé par la présence   d’une forte délégation  de la Ville de Dakar avec à sa tête Mme Soham El Wardini, choisie par le GNU comme Marraine pour cette deuxième édition. 

La deuxième édition du salon de la citoyenneté et de l’entrepreneuriat s’est  tenue dans un contexte particulier au Sénégal marqué par deux événements majeurs. Il s’agit d’une part, de la Pandémie de la Covid-19 qui a rudement éprouvé l’économie nationale, mis aux arrêts des entreprises et cassé des milliers d’emplois et d’autre part, les récentes  manifestations violentes de rue de jeunes dont beaucoup ne se retrouvent pas dans les  politiques de jeunesse et d’emploi du gouvernement.

Assurément la question du chômage des jeunes et du sous-emploi  est devenue une grande préoccupation. Elle mobilise autant les jeunes que les pouvoirs publics et leurs partenaires, les instituts et écoles de formation, le secteur privé et les organisations syndicales, bref tous les acteurs du développement.   Si certaines pistes de solutions sont explorées, d’autres sont à  inventer face à une problématique mondiale pour laquelle il faut rapidement trouver des réponses locales  avant qu’elle ne se transforme en bombe sociale qui peut exploser à tout moment et engendrer un chaos politique, comme le Sénégal l’a frôlé de si prés les 3, 4 et 5 mars 2021 lors des manifestations de rue. Une chose est sûre, tout le monde ne peut être recruté par la fonction publique car l’Etat n’est pas pourvoyeur d’emploi même s’il doit créer les conditions favorisant l’employabilité des jeunes qualifiés. Une deuxième certitude, ce n’est pas en cassant les édifices publics ou des commerces appartenant à autrui que les jeunes parviendront à se créer des emplois. Au contraire, c’est là la meilleure manière de faire perdre des emplois. Une  troisième certitude sur la question de l’emploi des jeunes ; c’est que la promotion économique des jeunes à travers le soutien à l’entrepreneuriat et à l’auto emploi apparait de plus en plus comme une voie incontournable dans la résolution de l’équation à condition que les dispositifs de soutien mis en place soient efficaces, dépolitisés et surtout tiennent compte de l’équité territoriale dans leur déploiement. C’est ce qui a fait dire à Mbagnick Diop, le Président Fondateur du Groupe National Universitaire  que ‘’pour aspirer  à un futur changement ou même à une transformation de notre système économique, politique et social, il nous faut cultiver un esprit citoyen en chacun de nous’’. C’est là tout le sens du thème de l’édition de cette année ‘’ La citoyenneté et l’entrepreneuriat au cœur du développement. Quelles solutions pour une territorialisation de l’emploi ?

Panel de haut niveau sur la territorialisation de l’emploi des jeunes

Pour traiter de ce thème, un panel de haut niveau a été animé par d’éminentes personnalités : Monsieur Djiby Diallo  le sous préfet  de Dakar représentant le Président de la République  et le Ministère de l’Enseignement supérieur, Madame Mme Soham El Wardinim,  Maire de la Ville de Dakar, M. Mourad Dieye Gueye le Secrétaire Général de la Ville de Dakar et Président de la Couveuse d’Entreprise pour la Promotion de l’emploi par la micro-entreprise de la Ville de Dakar, la CEPEM, Mme Aminata Diop Samb la Directrice Générale du Fonds de Développement et de Solidarité Municipal, le FODEM, l’Honorable député et Maire de Ziguinchor M. Abdoulaye Baldé, M. Cheilh A. T Samb, le Directeur fondateur de la société Tiak Tiak, un entrepreneur présent dans les services de livraison rapide et Mme Sandrine Lemare Coordonnatrice du Projet Soft Skill de l’ISM. C’était devant un parterre d’étudiants, et d’invités de marque venus de plusieurs horizons. Le Panel a donné lieu à des moments très féconds de partage sur les thématiques  clefs relatifs à la problématique de l’employabilité des sortants des universités et structures de formation privées, et de l’implication des collectivités territoriales dans la résolution de cette question difficile du chômage des jeunes pour tous les régimes politiques du monde, et ceci, dans une perspective de territorialisation des solutions.

Djiby Diallo Sous Préfet de Dakar

 Les échanges et discussions ont ainsi permis d’apprécier les efforts entrepris par l’Etat du Sénégal pour accompagner les jeunes et favoriser leur insertion socioprofessionnelle er socio-économique.  L’état a beaucoup investi dans l’éducation et la formation professionnelle des jeunes de  2012  à maintenant, a souligné M. Djibril Diallo le sous préfet de Dakar. L’Etat a aussi mis en place des structures d’accompagnement technique et financier des initiatives économiques de création d’entreprises  et des projets d’auto emploi portés par des jeunes parmi lesquels, le sous préfet a cité  la DER, l’ANPEJ, l’ADEPEME, le PRODAC etc, qui contribuent grandement á ses yeux à la décentralisation des opportunités de création d’emploi dans les régions et à la  territorialisation de l’emploi. Le sous préfet de Dakar a toutefois prévenu les jeunes sur le fait que  ‘’le développement ne peut se faire sans le respect des institutions’’ car avant tout, ‘’la citoyenneté rime avec discipline pour produire un leadership adapté’’. Convaincu que l’entrepreneuriat et le secteur informel constituent les piliers essentiels de l’économie nationale, M. Diallo  n’en reste pas moins convaincu que l’Etat moderne n’a pas vocation à donner de l’emploi. Son rôle c’est de créer les conditions favorables pour le développement des initiatives privées de création de richesses et d’emplois.  Le panel a également était l’occasion pour Mme le Maire de la Ville de Dakar et son staff  de partager l’expérience réussie de la Ville de Dakar en matière de soutien à l’entreprenariat des jeunes et des femmes des 19 communes d’arrondissement à  travers notamment  ses deux leviers que sont la CEPEM et  le FODEM, son soutien à l’entreprenariat féminin et au développement de l’économie sociale et solidaire et la mise en œuvre de Programmes spéciaux  à haute intensité de main d’œuvre HIMO comme le Programme de pavage des rues de la capitale sans oublier les investissements colossaux dans l’éducation et la formation des jeunes. Ces instruments de soutien à l’emploi des jeunes et de lutte contre la pauvreté urbaine ont tour  à tour été présentés par Mme le Maire de la Ville de Dakar, la Directrice du FODEM et le Président de la CEPEM lors du Panel.

Déclinant les stratégies de financement du Fonds de Développement et de solidarité municipale (FODEM), qui vise essentiellement l’autonomisation économique des femmes des 19 communes de la Ville de Dakar pour faire face à la paupérisation urbaine et féminine, la Directrice du FODEM Mme Aminata Diop Samb est revenue sur ce qui fait le succès de l’intervention du Fonds de Développement et de solidarité Municipal. Il ressort que ce succès réside dans la formation et le renforcement de capacités des femmes. Le financement est le dernier maillon de la chaine d’accompagnement des femmes et sa rentabilisation dépend dans une large mesure de ce renforcement de capacités préalable des femmes. ‘’Pour le premier semestre 2020, nous avons formé 392  femmes  avant la covid-19 et 1000 femmes déjà formées depuis le démarrage de la deuxième vague de formation sur les trois thématiques suivantes: une formation en éducation financière pour acquérir des compétences en gestion financière et lutter contre le gaspillage d’argent dans les cérémonies familiales, une formation en entrepreneuriat, et une formation en Economie Sociale et Solidaire‘’.

Pour ce qui a trait à l’accompagnement des jeunes porteurs de projet par la Ville de Dakar, le Président de la Couveuse d’Entreprise pour la Promotion de l’Emploi par la Micro entreprise (CEPEM)  M. Mourad Dieye Gueye a expliqué le mode opératoire de cet instrument de soutient à l’entrepreneuriat qui se distingue des modèles d’incubateurs qu’on connait au Sénégal et qui tire les enseignements des échecs des programmes de soutien à l’entreprenariat qui ont existé depuis l’opération maitrisards des années 1980à maintenant.  La CEPEM offre aux jeunes porteurs de projets un cadre d’apprentissage du métier d’entrepreneur, un espace de coworking pour tester leur projet en grandeur nature, et un mentorat de proximité qui permet au jeune porteur de projet de structurer son projet, de créer une entreprise formelle et de la  démarrer avant même de sortir de la Couveuse. Là également ce n’est pas le financement qui est mis en avant mais la formation. Le financement n’intervient qu’au bout du processus d’encadrement avec un petit montant d’amorçage d’un million de FCFA  qui est accordé au jeune au terme de la période de passage  à  la CEPEM..

Entre autres enseignements majeurs, le salon a permis de démontrer que par delà le changement de paradigme de modèle de réussite sociale chez les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, l’acte d’entreprendre est en soi un acte de responsabilité et d’engagement citoyen  de très haute portée qui permet au jeune diplômé de devenir  utile pour soi-même en créant son propre emploi, et d’être utile pour la société à travers les emplois créés par l’entrepreneur mais également à  travers les impôts et taxes versés à l’Etat et aux collectivités locales. L’exemple parfait partagé lors du Salon par son fondateur M. Cheikh A .T Samb, c’est celle de la Sart Up Tiak Tiak qui non seulement crée des emplois nouveaux dans le domaine de la logistique de transport avec des offres de services de livraison rapide, mais mieux que ca,  continue d’étendre ses tentacules et commence même  à faire des émules.

 Les travaux du Salon ont surtout permis de cerner les contraintes objectives auxquelles font face les diplômés de l’enseignement supérieur quand il leur arrive de vouloir traduire de façon concrète leur idée de projet en création d’entreprises viables. Prenant exemple sur l’expérience développée par la CEPEM, la Directrice Générale du Fonds de Développement et de solidarité Municipal FODEM, Mme Aminata Diop Samb, Directrice par ailleurs de la CEPEM, a révélé que les porteurs de projets diplômés des universités et centres de formation professionnelle ont du mal  à réaliser une étude de faisabilité de leurs projets ou à  rédiger leur business plan. Ils ne sont pas outillés pour créer une entreprise.  Ils ne sont  tout simplement pas préparés à  entreprendre. C’est pourquoi quand ils arrivent avec une idée de projet à la CEPEM, on leur apprend à entreprendre en les aidant à réaliser leur business Plan,  à créer leur entreprise et à tester en grandeur nature leur projet d’entreprise au  sein de la couveuse. La Directrice du FODEM qui pense que les écoles de formation professionnelle et les universités privées doivent intégrer un module de formation en création d’entreprise dans leur curricula,  est confortée dans sa thèse par le Président de la CEPEM, M. Mourade Dieye Gueye qui invoque le Slogan de la CEPEM ‘’apprendre à entreprendre’’ pour expliquer clairement que l’entrepreneuriat ca ne s’improvise pas. M. Gueye a martelé à qui veut l’entendre que ‘’par essence, l’entrepreneuriat ne peut pas être rapide ’’. Cela ne sert à rien de financer un jeune sans pour autant le préparer à entreprendre. ‘’Ca ne marche pas’’ a insisté M. Gueye pour qui le cycle échec-réussite, échec-réussite jusqu’au bout est un cycle normal qui demande de la persévérance. La preuve ; ‘’sur les 100 nouvelles créations d’entreprises au Sénégal, 65 d’entre elles  disparaissent au bout de deux ans’’.

A noter que la CEPEM  est la première plateforme d’Initiative Locale destinée à créer de l’emploi par la promotion de la micro-entreprise mise au point  par une collectivité territoriale au Sénégal. La  Ville de Dakar a mis en place cette couveuse d’entreprise, en partenariat avec la Ville de  Marseille et la Ville de Montréal, avec le soutien financier de  l’Association Internationale des Maires Francophones  (AIMF), de l’appui technique de la Couveuse Interface  de Marseille et la Plateforme « Initiative Marseille  Métropole».                                         La CEPEM  est une réponse pertinente de la Ville de Dakar  pour adresser la problématique de l’emploi des jeunes selon son Président Mourad Dieye Gueye. Elle aide le jeune porteur de projet à renforcer ses aptitudes et compétences ;  échanger les bonnes pratiques avec d’autres porteurs de projet ; apprendre à gérer et à administrer une activité économique ; bénéficier d’un appui personnalisé très renforcé ; tester la viabilité de son projet, la solvabilité de son marché ; bénéficier des services d’une structure d’appui et de conseil, acquérir par l’expérience les compétences nécessaires au chef  d’entreprise (commercial, gestion…) entres autres avantages offerts aux jeunes. Le porteur de projet est mis en situation réelle d’entreprise. Il peut même être accompagné à avoir ses premières commandes.

En tout état de cause, le constat partagé par les participants est que la plupart des sortants des écoles de formation professionnelle et universités privées n’ont pas les rudiments nécessaires pour se lancer dans l’entrepreneuriat.  

Pour Mme Lemare Coordonnatrice du Projet Soft Skills Academy de l’Institut Supérieur de Management (ISM), qui partage ce constat,  il est difficile de trouver des modèles qui réussissent parce que ‘’la diplômation n’est pas synonyme de qualification’’.  Autrement dit la question de l’inadéquation Formation-Emploi reste entière et requière de la réactivité pour faire face aux difficultés.  A en croire Madame Lemare, ‘’beaucoup d’étudiants du supérieur développent des égos et non des comportements de leadership. Il n’y a pas que l’art oratoire qui n’est d’ailleurs pas synonyme de développement personnel. Au delà de la formation, il faut un travail sur soi pour savoir ce pourquoi on est fait. Il faut  casser les égos et développer des  comportements et des compétences douces’’.

Pour Mme Lemare,  Il faut  se repenser sans cesse et voir son potentiel pour pouvoir tirer son épingle du jeu et avancer dans la vie professionnelle.

Le Directeur fondateur de la Start UP Tiak tiak M, Cheikh A T Samb abonde dans le même sens :’’on ne peut plus juger un jeune sur son CV ou sur l’obtention d’un Master en tel ou tel mais plutôt sur sa capacité à créer, sa capacité à innover et sur sa motivation’’.

 Le patron de Tiak Tiak qu’on pourrait qualifier de serial entrepreneur a démarré avec 400 000 FCFA son entreprise en 2013 ! Il emploie aujourd’hui de nombreux jeunes et a réussi à former dans le last mile delivery services 850 jeunes ; un service de livraison à haute valeur ajoutée qui marche bien en ces temps de pandémie.

Il a saisis l’occasion pour lancer un appel aux autorités publiques pour qu’elles sachent ‘’qu’il ne peut y avoir d’économie locale forte sans des champions nationaux’’. Ces derniers ont besoin d’un accompagnement sur le Long Terme et non des financements ponctuels de 20 ou 30 millions. M. Samb a par devers lui un Projet d’investissement dans l’installation d’une usine  de production de Moto Tiak Tiak et sollicite l’aide de l’Etat car le rôle des champions locaux c’est d’inspirer d’autres jeunes.

L’œuvre pionnière de la Ville de Dakar dans la promotion de l’entrepreneuriat jeune et la  territorialisation de l’emploi magnifiée

Mme Soham El Wardini, choisie par le GNU comme Marraine pour cette deuxième édition s’est réjouie du choix portésur sa personne comme Marraine et remercié chaleureusement les organisateurs. Elle a en outre réitéré l’engagement de la Ville de Dakar dans la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. ‘’ Au niveau de Dakar, nous nous sommes engagés à mettre en place une politique qui participe pleinement  à la lutte contre le sous-emploi des jeunes en développant des stratégies qui favorisent l’intégration des jeunes dans le secteur de la création d’entreprise’’. Et de poursuivre ; ‘’Ce volet lié à la formation des jeunes en entrepreneuriat m’a incité, en partenariat avec les Villes de Marseille, de Montréal, l’Association des Maires Francophones et l’Ecole des Entrepreneurs du Quebec à  créer en 2016, la Couveuse d’entreprise pour la promotion de l’emploi par la micro entreprise  qui a permis  à des jeunes porteurs de projets d’être formés aux techniques de création d’entreprise‘’.

Entre autres activités de soutien à l’emploi des jeunes, Mme le Maire a initié un important programme de formation et d’autonomisation économique des femmes exécuté par le Fonds de développement et de Solidarité Municipal FODEM qui a pour mission de lutter contre la paupérisation urbaine et féminine.

Dans la même dynamique, le Projet d’agriculture urbaine mis en place par la Ville de Dakar a permis de satisfaire  la forte demande de formation en micro jardinage ou 10 000 bacs de cultures ont été  mis à la disposition des bénéficiaires de ce programme regroupés autour de 147 centres de Production Communautaire sur un site octroyé par la municipalité.

Il faudra y ajouter le Programme des volontaires de la Ville de Dakar qui regroupe 500 jeunes dakarois impliqués dans la gouvernance locale de leur commune et de la Ville de Dakar.

Le Programme de pavage mis en place par la Ville de Dakar est un Programme à haute intensité de main d’œuvre HIMO qui vise à recruter et former les jeunes dans les techniques de fabrication  et de pose des pavés dans les quartiers de Dakar. Avec la reprise de l’usine de pavage, ce Programme va démarrer à nouveau et permettra d’offrir des opportunités d’emplois à des centaines de jeunes.

Le fonds d’appui aux initiatives culturelles privées a encadré et financé une centaine de projets soumissionnés par les acteurs du monde culturel.

La Ville de Dakar joue un rôle primordial dans le domaine de l’éducation et de la formation.En effet, il convient de souligner que la Mairie a octroyé depuis 2016, 1896 prises  en charge  à l’étranger et 5955 bourses et aides municipales dans les écoles et instituts de formation pour un montant correspondant à un environ un milliards Cinq cent millions  de FCFA.

A cela s’ajoutent les programmes d’aide à l’insertion et à la réinsertion par le biais des projets tels que l’aide  à la formation, l’obtention du permis automobile et la formation aux métiers techniques industriels.

La riche expérience de soutien aux acteurs de l’économie sociale (ESS) et solidaire en particulier les groupements et GIE de femmes de la ville de Dakar   lui a valu d’être retenue parmi les 5 villes du monde devant faire l’objet d’une  étude de l’Institut de recherche des Nations unies pour le développement (UNRISD) visant   la conception d’un plan local de développement d’ESS qui doit  établir un lien de cohérence de stratégie politique sur l’ensemble des programmes isolés de l’EES au niveau de la Ville de Dakar.

Des projets complémentaires sont en cours d’élaboration au niveau de la Ville de Dakar. On peut citer  la création de la Banque Municipale de Dakar (BMD), la mise en place  de l’Ecole des Entrepreneurs de Dakar en partenariat avec la Ville de Montréal et l’ Ecole des Entrepreneurs du QUEBEC afin de résorber la forte demande de formation des jeunes de la ville de Dakar.

 On peut y ajouter l’appui que la Ville de Dakar compte apporter aux Maires des collectivités locales á répliquer le modèle de la CEPEM au niveau de leur commune et la mise  à contribution du Réseau des acteurs et  des territoires pour la promotion de l’économie sociale et solidaire RACTES mis en place par la Ville de Dakar et les acteurs de l’ESS pour avoir plus de synergie dans la promotion et le développement de l’entrepreneuriat social au niveau des collectivités territoriales membres de ce réseau.

Attractivité des territoires, industrialisation et formation professionnelle le triptyque pour une solution durable

Abdoulaye Baldé Maire de Ziguinchor

Au sujet de la territorialisation de l’emploi,  les échanges ont montré que même si l’emploi n’est pas une compétence transférée par l’acte 3 de la Décentralisation, il existe depuis peu dans  l’arsenal juridique et réglementaire du Sénégal des textes de loi qui  facilitent et encadrent une plus grande intervention des Collectivités locales dans la sphère économique.

Le constat est que les maires et élus locaux ont souvent tendance à ne regarder que le code des collectivités territoriales avec les compétences dites transférées, or ce code est une loi au même titre que les autres lois. En effet, la loi d’orientation 2020 – 02 du 07 Janvier 2020 relative aux petites et moyennes entreprises (PME), publiée au Journal officiel du 20 Janvier 2020, constitue la dernière réforme concernant les PME. Elle donne aux collectivités territoriales des compétences nouvelles en matière de promotion et de financement des PME.

Par ailleurs,  la loi d’orientation de l’Economie Sociale et Solidaire ESS au Sénégal en cours  d’élaboration offrira aux collectivités territoriales les possibilités d’adopter des stratégies de promotion de l’ESS.

En définitive, que ce soit dans la promotion de l’entrepreneuriat jeune, de l’entrepreneuriat féminin et  du développement de l’Economie sociale et solidaire, la ville de Dakar a fait une œuvre pionnière en dépit des insuffisances notées sur le cadre juridique encadrant  l’intervention des collectivités locales dans le domaine économique.

Ces efforts de la Ville de Dakar ont été salués par l’ancien Président de l’Association des Maires du Sénégal M. Abdoulaye Balde. Toutefois,  pour le Maire de la Ville de Ziguinchor du moment que les jeunes constituent plus de 65 /100 de la population, ils doivent être placés au cœur de toutes les politiques publiques de développement. Autrement, une jeunesse sans espoir peut devenir une bombe sociale qui peut exploser á tout moment comme on l’a constaté en début du mois de Mars avec les manifestations violentes de rue.

 Au demeurant, il est quasi impossible d’arriver au plein emploi sans une industrialisation avancée,  sans une forte implication du secteur privé local et un accent sur la formation professionnelle des jeunes, selon M. Balde. C’est l’industrie même légère qui crée des emplois durables. Il faut donc mettre l’accent sur l’industrialisation. En tout ca, c’est l’avis du maire de Ziguinchor M. Abdoulaye Baldé qui a salué projets d’érection d’agropoles, de parcs industriels  et de zones économiques spéciales dans les collectivités locales de l’intérieur du pays dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent. C’est tout à l’honneur de l’Etat. Cela participe á  les rendre attractives aux yeux des investisseurs locaux et internationaux. Mais cela ne suffit pas. Il faut développer la formation professionnelle parce que qui dit industrie dit main d’œuvre qualifiée. D’où le besoin de revoir le contenu des formations de façon á  les adapter aux besoins des industriels et investisseurs.

Le triptyque attractivité des territoires, industrialisation avec un secteur privé local fort et formation professionnelle devra être les domaines de focalisation pour territorialiser les opportunités de création d’emplois dans les collectivités territoriales de l’avis du Maire de Ziguinchor. C’est ce qui permettra de valoriser les potentialités des territoires et de tirer profit des  avantages comparatifs propres à chaque territoire.

Les panelistes et participants ont chaleureusement félicité M. Mbagnick Diop le Président du GNU et son équipe pour cette excellente initiative d’organiser ce salon – qui vient á son heure-  et renouvelé leur disponibilité à soutenir le GNU dans ses activités.

Par Bacary SEYDI




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