« Partager l’ambition d’accélérer la révolution entrepreneuriale en Afrique »

Président d’Investisseurs & Partenaires, Jean-Michel Severino analyse les conséquences de la crise sur le contexte entrepreneurial en Afrique.

Ex-vice-président pour l’Asie de la Banque mondiale, ancien directeur général de l’Agence Française de Développement, Jean-Michel Severino préside aujourd’hui l’investisseur à impact “Investisseurs et Partenaires” (“I&P) très impliqué en Afrique.© DRFP/Leemage via AFP

  Propos recueillis par Melick Diawara

Sur un continent où créer une entreprise et la développer est plus qu’un véritable parcours du combattant, l’impact d’une crise comme celle du Covid-19, sanitaire et économique, ne peut manquer d’être fort. Qu’en est-il réellement ? Comment analyser et interpréter les signes envoyés par le terrain ? Quel regard poser sur le quotidien actuel des PME ainsi que sur l’avenir compliqué qui semble les attendre ? Pour nous éclairer, 

L’ex-vice-président de la Banque mondiale pour l’Asie, et ancien directeur général de l’Agence française de développement et président d’Investisseurs & Partenaires (I&P), a accepté de partager avec nous sa perception des conséquences de la crise sur l’évolution du contexte entrepreneurial en Afrique. 

 Ces derniers mois, I&P, créé il y a 20 ans, a annoncé de nombreux investissements qui avaient été retardés en raison de la pandémie, à Madagascar ; au Gabon, au Ghana et au Kenya. Au total, I&P a décaissé plus de 10 millions d’euros depuis début 2020, démontrant que les entrepreneurs africains font preuve d’une remarquable résilience. Entretien.

Le Point Afrique : D’aucuns se félicitent de l’impact relativement limité du Covid-19 sur le plan sanitaire en Afrique. Comment analysez-vous l’impact économique ?

Jean-Michel Severino : Je pense qu’il faut rester prudent : la crise n’est pas finie, notamment avec l’émergence des variants. Notre visibilité sanitaire est limitée. Pour ce qui est de l’aspect économique, on a assisté à une correction économique sévère indéniable, et ce pour plusieurs raisons. Le tourisme en 2020 a été négativement impacté en raison de la fermeture des frontières et des restrictions sanitaires. Pour les mêmes raisons, les cours du pétrole et des carburants ont enregistré une forte baisse avant de remonter après la réouverture progressive de l’économie. Ce sont autant de rentrées d’argent en moins pour les finances publiques et pour les secteurs privés liés à ces secteurs dans les pays touristiques et pétroliers en Afrique.

Les entreprises ont également connu une désorganisation des chaînes d’approvisionnement, liée à la dépendance aux exportations et aux produits chinois.

Pour ce qui est des entreprises, start-up et PME, elles ont rencontré des difficultés majeures dans leurs levées de fonds. Les fonds et les investisseurs ont fait preuve de frilosité dans un contexte incertain et perturbé. Cela a considérablement limité leur expansion, puisqu’elles sont dépendantes de ces financements pour innover et croître, en particulier dans la tech. Nous avons également connu des difficultés de paiement dans un premier temps, puis, dès décembre, des contraintes pesant sur la demande des ménages. Cette tension a été particulièrement visible dans la microfinance. Les impayés ont considérablement augmenté, un indicateur fiable de tension sociale. Les clients de la microfinance sont généralement des gens modestes. Sociologiquement, ils sont représentatifs des plus fragiles. Il y a réellement eu une amélioration au début de l’année 2021, mais les impacts de la crise de 2020 se font encore sentir. L’Afrique étant en bout de chaîne de la reprise économique, il faudra attendre un certain temps pour en voir les effets sur le continent. Les entreprises tournées vers l’exportation ont en tout cas connu un rebond vif et considérable.

Au niveau des PME, plusieurs défis sont à relever : amorçage, présence dans la tech, investissement, financement. Comment les relevez-vous au niveau d’I&P et quel bilan dressez-vous de vos initiatives de la création de votre fonds d’investissement ?

Notre stratégie chez I&P a toujours été claire : diversifier les investissements dans les secteurs généralistes, dans une vingtaine de pays, en excluant les investissements dans les secteurs miniers et pétroliers. Notre portefeuille a donc suivi les évolutions globales du continent. Nous avons bien sûr pu soutenir nos entreprises par nos apports financiers et grâce à notre accès préservé aux marchés financiers. Elles ont donc moins souffert que d’autres entreprises qui ne bénéficiaient pas du même appui. La situation moyenne de notre portefeuille est meilleure que celle de l’économie, mais nous n’avons pas échappé aux grandes tendances.

Cependant, nous constatons qu’il n’y a pas eu d’affaiblissement de la volonté d’entreprendre, bien au contraire. Nous avons perçu une forte volonté de la part des petites entreprises de participer à nos programmes d’accélération. Et si dans la famille des fonds de développement locaux comme Teranga Capital, Comoé Capital et Sinergi, on a assisté à un ralentissement, c’est surtout en raison d’une stratégie interne consistant à privilégier le soutien aux entreprises en souffrance. Nous avons eu de bons résultats avec le portefeuille d’I&P Afrique Entrepreneurs, alors même que nous n’avions pas une majorité d’entreprises tournées vers l’exportation.

Et comment voyez-vous les perspectives à long terme ?

Elles sont très dépendantes de la pandémie. Si on a une bonne reprise et que le paysage macroéconomique s’éclaircit, la croissance sera là, certes avec un temps de retard par rapport aux autres marchés internationaux, mais elle sera là. Cela dépendra aussi de la politique de vaccination. Dans ce contexte de reprise internationale, nos prévisions sont optimistes pour 2021, mais surtout pour 2022 et 2023.

Et quid de la confiance et du soutien de vos investisseurs ?

La tendance vis-à-vis des partenaires et de leur soutien est bonne. Cela peut s’expliquer notamment par notre présence sur un créneau très particulier. Par exemple, le Sahel est au cœur de nos investissements, que ce soit au Niger, au Mali ou au Burkina Faso. Peu d’investisseurs osent y aller, mais nos soutiens en ont conscience et c’est pour cela qu’ils nous accordent leur confiance. Nous investissons de plus en plus dans des activités d’accélération, d’entreprise, de formation d’entrepreneurs, car il y a une prise de conscience de la part des institutions internationales, des fondations ou des bailleurs de fonds publics qu’il s’agit là d’une manière très efficace d’atteindre des résultats en matière de développement. C’est ce qui explique que les investissements, privés et publics, en fonds propres se sont maintenus dans nos activités et que les investisseurs ont été constants.

Quel regard posez-vous sur les décisions économiques et financières prises ici et là par les pouvoirs publics en Afrique au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie ?

Le traitement de la question de la dette au sein du G20, et la participation pour la première fois de la Chine, premier créancier de l’Afrique, à une forme de gestion multilatérale de ce sujet, ont permis d’amortir le choc pour les économies africaines. Mais ce soutien reste mesuré. Ainsi, les décaissements de l’aide publique au développement ont régressé et l’Afrique n’a pas réellement été prise en compte dans les plans de soutien décidés au « Nord ».

Les solutions apportées par les gouvernements africains pour lutter contre les effets négatifs de la pandémie ont été beaucoup plus modestes qu’en Occident. Les pays industrialisés ont pu s’endetter massivement sans aucune contrainte (cf. « le fameux quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron par exemple). Les pays africains n’avaient pas ce luxe, car ils sont dépendants des bailleurs de fonds et des investisseurs étrangers. À cela s’ajoute la déconnexion pendant un an vis-à-vis des marchés financiers, et l’on peut comprendre que les plans de relance paraissent fragiles si on les compare aux pays européens par exemple.

Mais la question de la vaccination est fondamentale et, malgré l’heureuse mise en place de Covax, reste non résolue. La solidarité internationale doit s’appliquer à fond sur ce sujet, et le retard rattrapé. C’est une question humanitaire comme économique fondamentale.

Le Covid-19 a mis en exergue le problème de la dette des gouvernements africains. On parle souvent de la dette extérieure, et pourtant la dette intérieure vaut aussi le détour en termes d’impact négatif sur les entreprises notamment. Quelle est votre réflexion à ce sujet ?

La dette intérieure en Afrique était déjà un problème avant la crise du Covid. Qu’un gouvernement s’endette vis-à-vis de ses concitoyens, c’est normal. Le problème est que cette dette est souvent mal payée et se subdivise en deux. L’une, officielle, correspond aux émissions obligataires, ou aux emprunts auprès des banques nationales, tandis que l’autre, beaucoup plus informelle, « au-dessous du radar », correspond aux arriérés de paiement des administrations et des services publics. Ils sont de plus en plus importants et ont un fort pouvoir destructeur pour l’économie du pays. Leur paiement est aléatoire et souvent assorti de conditions officieuses, pour le dire clairement, de corruption. C’était déjà le cas avant, et ce phénomène s’est accru avec la crise. Ces arriérés intérieurs sont traités en dernier malheureusement dans le règlement de l’endettement des États, malgré l’importance de son impact négatif en matière économique.

La crise du Covid-19 a mis en évidence le nombre important d’entreprises informelles dans les pays africains. Pour une meilleure maîtrise globale de l’économie et de son impact, quelles formes pourrait prendre le pont entre celles-ci et le statut de TPE ou PME formelles ?

Nous militons pour l’émergence d’entreprises formelles ou tout au moins, dans un premier temps, d’entreprises formalisables. Les externalités de la formalisation sont extrêmement importantes, que ce soit pour lever l’impôt, ou vis-à-vis des salariés. L’enjeu de la formalisation devrait être de faciliter les premières étapes : les PME africaines restent en général victimes de charges administratives élevées et de charges juridiques (avocat, notaire) trop lourdes, du fait d’une bureaucratie excessive, et là encore, trop souvent, de faits de corruption. Nombre de PME souffrent même de refuser de se prêter à la corruption. Les entreprises informelles rechignent à se formaliser du fait de l’impôt et de redressements fiscaux injustifiés – et très onéreux.

Comment pensez-vous que les pouvoirs publics et les sociétés civiles économiques pourraient travailler ensemble pour favoriser l’émergence de plus de champions africains ?

Le premier enjeu consiste à s’accorder avec le secteur privé pour encourager et soutenir la dynamique entrepreneuriale africaine. Un dynamisme qui s’explique par la démographie, le fort taux de chômage, un niveau de compétence croissant, nourri aussi par le phénomène des « retournants », ces entrepreneurs de la diaspora qui créent des entreprises dans leur pays d’origine. Renforcer ce dynamisme nécessite de développer l’incubation, les pré-investissements, l’amorçage, la formation des entrepreneurs et la formation professionnalisante…

Le deuxième domaine problématique de la fabrication des champions, c’est la difficulté à prospérer, en particulier au-delà des 100 000 euros de chiffre d’affaires. Le marché local devient insuffisant, et l’exportation devient nécessaire. Or, il y a une réelle fracture pour se mettre aux normes des pays développés. Ces champions ont besoin de capitaux importants pour passer les différentes étapes de la croissance d’une PME, de l’ordre de 2 à 5 millions d’euros. Or ces sommes sont trop élevées, dans un univers considéré comme trop risqué. Pour répondre à ces besoins, il faudrait des alliances entre les bailleurs internationaux, les banques de développement et le secteur financier locaux afin d’augmenter l’accès au capital.

Mettre en place ces politiques suppose un dialogue public-privé en profondeur. Les fonctionnaires ne sont pas les mieux placés pour accompagner efficacement le secteur de l’entrepreneuriat. Ils sont naturellement détachés de cet univers, qu’ils ont du mal à comprendre. Il faudrait donc pallier cela par des rencontres, des ateliers, ou en recrutant des personnes issues de ces milieux pour la mise en œuvre de ces politiques publiques.

Quelles solutions innovantes existent pour pallier le manque de financements ?

Les champions africains sont confrontés à une insuffisance en termes de fonds propres, qui les empêche de s’endetter auprès des banques. Mais leur apporter ces fonds propres est peu rentable selon des normes classiques du « private equity », en raison des coûts d’approche pour des montants d’investissement modestes, des sinistres et, pour les investissements internationaux, des pertes de change. C’est pourquoi il faut des investisseurs patients pour le faire, ou alors que l’on apporte des aides. On parle de plus en plus du « blending », savant mélange entre les financements publics, sous forme de subvention ou garantie, et privés.

Les grandes institutions internationales, comme l’UE ou le groupe de l’Agence française de développement, commencent à mettre en place de telles approches. Mais c’est aussi le cas de certains gouvernements africains, encore trop rares hélas. Par exemple, le Sénégal, souvent en avance dans le domaine de l’entrepreneuriat, a mis en place le FONSIS (Fonds d’Investissement Stratégique) et la DER (Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide) qui vont accompagner des entreprises formelles ou informelles pour les faire grandir.

Plus on s’intéresse à des PME et non plus seulement à des TPME, plus il faut être sélectif vu qu’on mobilise plus de capitaux. Dans une économie africaine moyenne, dont le PIB représente quelques dizaines de milliards d’euros, il n’y a peut-être chaque année qu’entre dix ou vingt entreprises qui soient en mesure d’opérer des changements de taille radicaux, avec des croissances de 30 ou 40 % par an, par exemple. On s’attend à ce que ces entreprises aient quadruplé leur chiffre d’affaires, en quelques années.

Il faut donc leur fournir un accompagnement privilégié – et onéreux. Le rendement se calcule non seulement en termes de retour sur investissement, mais aussi et surtout en nombre d’emplois créés, ou de bénéfices générés aux clients, ou aux fournisseurs ou encore à l’État, via les impôts réglés. On parle alors de « double bilan », afin de prendre en compte les nombreuses externalités positives de ce développement entrepreneurial. C’est ce double bilan qui peut justifier que des fonds publics s’allient à des fonds privés pour permettre de soutenir l’expansion d’entreprises que les banques ou les capitaux privés seuls ne peuvent pas atteindre, mais qui sont essentielles pour la croissance durable d’un pays.

Je crois que ce double bilan est de plus en plus reconnu. Je suis enthousiasmé que le sommet sur le financement des économies africaines réuni à l’initiative du président Macron en juillet de cette année ait sélectionné le soutien à l’entrepreneuriat africain comme l’un de ses trois sujets majeurs. J’en espère de grandes retombées pour ce dernier, notamment via l’Alliance pour l’entrepreneuriat africain, qui a été annoncée et qui devrait mobiliser tous les acteurs concernés.

L’un des défis majeurs que l’Afrique devra affronter est celui de l’emploi. Dans quelle démarche d’éducation et de formation vous êtes-vous impliqué pour plus d’impacts en termes d’adaptation aux besoins des entreprises, d’optimisation de capacité de création de valeur et de développement ?

Il faut s’attaquer frontalement à la problématique de la formation. Nous sommes confrontés à un grand déficit de compétences, que soit pour les techniciens ou les entrepreneurs. Pour ces derniers nous avons entrepris des efforts de formation, avec la création d’un Club Africain des Entrepreneurs, aujourd’hui enregistré à Abidjan, qui rassemble les entreprises soutenues par les fonds I & P, et nous nous sommes lancés dans ces activités d’accélération que je viens d’évoquer. J’espère que beaucoup d’autres vont nous rejoindre, et que les acteurs publics vont mettre ce sujet au premier plan de leurs intérêts, car l’expansion de ces activités dépend de ressources publiques nationales et internationales.

Mais en ce qui concerne les compétences des jeunes, la tâche est gigantesque. Ce que l’on sait c’est que les États africains ne pourront pas investir suffisamment dans l’enseignement supérieur, compte tenu de la pression fiscale et démographique qu’ils connaissent et de la priorité qu’ils doivent donner à l’enseignement primaire et secondaire. Et non seulement nous ne voyons pas suffisamment de jeunes s’engager dans la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, mais nous sommes déjà confrontés à un phénomène d’étudiants chômeurs dans trop de pays. C’est la réalité des 30 prochaines années. C’est dramatique et inacceptable.

Nous pensons que les investisseurs privés ont un rôle à jouer pour pallier ces insuffisances, car la résolution de cet immense problème doit venir en partie d’une offre exponentiellement supérieure de formation adaptée aux besoins des entreprises et qui sera elle aussi en bonne partie apportée par des entreprises de formation privée. Nous souhaitons contribuer à cette cause essentielle.

C’est ainsi que nous avons mis en place le programme I & P Éducation et Emploi (IP2E). Il repose sur deux piliers. Le premier pilier, financé par des subventions, doit permettre notamment de soutenir l’émergence de projets entrepreneuriaux ambitieux, mais encore jeunes en matière de formation professionnelle. Je suis profondément reconnaissant à l’Union européenne et à la fondation Mastercard de nous avoir permis de démarrer rapidement et à un niveau élevé ce projet. Le second pilier est un fonds d’investissement en fonds propres, en cours de levée, qui permettra de financer des entreprises, également de taille modeste, mais plus structurées, pour des projets de croissance rentable permettant d’améliorer l’accès à une éducation pertinente et de qualité et de renforcer l’adéquation entre formations et besoins des employeurs. Le programme finance et accompagne des institutions éducatives privées ou des entreprises de l’écosystème éducatif produisant des biens, des services et technologies liés à l’éducation.

Mais nous utilisons aussi d’autres instruments pour contribuer à cette mission. Ainsi, à travers notre programme I & P Accélération Technologies (IPAT), démarré fin 2019, grâce au groupe de l’AFD, nous accompagnons des jeunes pousses dans le secteur de l’edtech. Tout récemment nous avons par exemple financé Sayna, une pépite malgache engagée auprès de la jeunesse africaine et axée sur la formation professionnelle et l’intégration des jeunes sur le marché de l’emploi.

Quel bilan enfin faites-vous dans ce contexte d’I&P ?

Un bilan très positif, même s’il faut rester très humble devant l’immensité de la tâche, sa difficulté, et s’il faut reconnaître les erreurs que nous ne manquons pas de commettre. Nous pouvons toutefois, et j’en suis très heureux, offrir notre soutien à un nombre croissant d’entrepreneurs, car nous sommes implantés dans une dizaine de pays. Nos activités incluent désormais trois appuis complémentaires : le renforcement des capacités, le conseil et l’apport de financements, désormais très diversifiés. Ceci se fait à travers nos fonds continentaux I&P Afrique Entrepreneurs (IPAE 1 & 2), à travers notre programme I&P Développement, qui déploie des véhicules d’investissements nationaux avec déjà cinq en activité, et très récemment deux en cours de création en Ouganda et au Mali, malgré des circonstances difficiles, ou plus récemment à travers nos programmes d’amorçage, comme I&P Accélération au Sahel ou I&P Accélération Technologies. Notre société de conseil, I&P Conseil, apporte une contribution croissante au développement d’activités d’accélération et de soutien aux incubateurs, mais aussi de conception de programmes d’investissement, entre autres.

Cela fait près de vingt ans que nous existons, et l’expérience accumulée nous a permis d’affiner les catégories d’entrepreneurs en adaptant le soutien que nous leur fournissons. Nous avons également affiné notre discours en fonction des contextes géopolitique et géographique. Le fait que nous existions et notre activité de plaidoyer ont, je le crois, influencé la communauté internationale et contribué à donner une visibilité accrue à l’entrepreneuriat africain.

Ces vingt dernières années ont été celles d’une grande croissance. Depuis la création d’I&P par Patrice Hoppenot jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de progrès ont été accomplis avec plus de 210 millions d’euros levés, 10 bureaux, 120 collaborateurs – dont environ 100 sur le continent – une « famille » franco-africaine très internationale. Année après année, nous avons, je crois, démontré notre crédibilité en finançant près de deux cents entreprises africaines et en apprenant humblement de nos échecs pour toujours progresser et améliorer notre performance. Nous avons encore une marge de progression exponentielle, qu’il faut assumer, car les besoins des entreprises africaines sont vertigineux, le tout en ne cessant pas de remettre en question notre approche afin de rester pertinents, grâce à une écoute modeste et patiente des entrepreneurs, notre seule boussole.

Comment voyez-vous l’avenir entrepreneurial de l’Afrique ?

On assiste depuis vingt ans à l’émergence de plus en plus rapide d’une génération de start-up, TPE et PME qui répondent à des besoins essentiels de leurs clients (se nourrir, se loger, se soigner, se former…) et contribuent à la résolution de problématique de développement fondamentales. Pour peu qu’ils soient soutenus, ils peuvent constituer la future colonne vertébrale d’une économie africaine diversifiée, prospère et intensive en matière de création d’emplois.

Nous devons partager une ambition, non pas de créer, car elle est déjà là, ce qui est formidable, mais d’accélérer cette révolution entrepreneuriale. Elle va changer le continent, et je dirais même que c’est la seule chose qui va réellement changer le continent.

Source : lepoint.fr/Afrique 




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